Éthique des arts martiaux


Depuis les origines des arts martiaux, il a toujours été considéré comme une question d’honneur d’adopter un code moral basé essentiellement sur le respect des partenaires et des adversaires, respect envers l’endroit où l’on s’entraîne, respect d’une attitude intérieure de contrôle de soi et de discipline, respect d’une attitude extérieure qui adhère aux règlements de l’école… Malgré la tendance trop souvent répandue en Occident, à ne considérer les arts martiaux que sous le seul angle sportif ou spectaculaire, le Karaté Kyoshindo, en style traditionnel, entend rester fidèle à cette tradition des arts martiaux, sans pour autant en exclure tous les aspects démonstratifs et modernistes. Le code d’éthique de base doit donc s’inspirer de la discipline, de la maîtrise de soi, de la concentration, du respect de soi et des autres. À cet égard, voici quelques directives que les élèves des écoles Kyoshindo sont invités à suivre :
  1. À chaque fois que le karatéka entre ou sort du dojo, il doit exécuter le salut debout (Ritsurei), en direction de l’avant du Dojo, par respect pour cette salle d’entraînement (JO) où l’on cherche la voie (DO). Voir ci-dessus pour l'animation du salut debout.

  2. De la même manière, au début et à la fin de chaque cours, tous les karatékas sont invités à se placer en ligne, face vers le devant du Dojo (Shomen), pour le salut rituel en groupe. La ceinture noire détenant le degré le plus élevé donne les directives du salut en groupe. Voir ci-contre à droite, pour l'animation du salut en groupe.

  3. Pendant un cours, lorsqu’un karatéka désire s’adresser à un instructeur, il doit d’abord par respect, exécuter devant celui-ci le salut debout (Ritsurei) et ensuite l’interpeller par son titre de « Sensei ». Après avoir obtenu réponse à ses questions, le karatéka termine la conversation par un autre salut debout et exprime son accord (« Oss ») et/ou son remerciement (« Arigato »).

  4. Pendant le cours, le karatéka doit s’abstenir de parler inutilement; il doit se montrer attentif aux explications données par son instructeur et toujours manifester du respect aussi bien envers les ceintures noires qu’envers les personnes détenant une ceinture plus basse que la leur. La couleur de la ceinture ne doit pas être un facteur de discrimination et le respect doit être bidirectionnel.

  5. Pendant le cours, le karatéka doit toujours s’entraîner avec intensité, concentrer son attention sur la matière étudiée, viser à une amélioration dans sa pratique personnelle, coopérer harmonieusement avec son partenaire d’entraînement, voire même tendre à un dépassement de soi, aussi bien physique que moral. Un karatéka digne de ce nom ne doit pas se contenter de faire le strict minimum requis pour obtenir une nouvelle ceinture. Pour le véritable karatéka, tous coups de poing, coups de pied, répétitions de kata ou de technique, sont considérés aussi importants les uns que les autres, à toutes les étapes de son entraînement.

  6. La ponctualité est aussi une marque de respect apprécié. Ainsi, le karatéka doit arriver aux cours quelques minutes avant le début de ceux-ci. Si, en raison de circonstances imprévues, le karatéka arrive en retard à un cours, il doit demander l’autorisation au « Sensei » pour s’intégrer au groupe. De la même manière, si le karatéka doit sortir pendant le cours ou quitter avant la fin du cours, il doit en obtenir la permission auprès de son « Sensei ». Il va sans dire que la demande sera autorisée, la présente règle ne voulant encore qu’insister sur le respect et une conduite digne.

  7. Extérieurement, le karatéka doit veiller à l'aspect de son kimono qui doit être propre, bien mis et la ceinture (« Obi ») correctement nouée autour de la taille. Si, lors de pratiques d’un assaut ou d’un combat, le kimono exige d’être replacé, le karatéka pose un genou au sol et procède aux corrections à sa tenue. Dans le même ordre d’idées, le support athlétique (dont le port continuel est chaudement recommandé évidemment) doit toujours être porté sous le pantalon.

  8. Pour des raisons d’hygiène et de sécurité, le karatéka doit contribuer à la propreté du dojo et à sa propreté personnelle: avoir les ongles des pieds et des mains propres et coupés assez courts pour ne pas risquer de blesser son partenaire. Éviter de porter des bijoux (bague, collier) qui pourraient aussi provoquer des blessures ou se briser en cours de pratique. Enfin, il est interdit de fumer, de mâcher de la gomme, de manger ou de boire dans le dojo. Le karatéka qui désire se réhydrater après un entraînement particulièrement intensif doit en faire la demande à son « Sensei ».

  9. Le karatéka doit porter le seul kimono (« karatégi ») admis par le Kyoshindo, à savoir les pantalons (« Zubon ») noirs et le haut (« Uwagi ») blanc. Le kimono doit être propre et de plus, seul l’écusson officiel du style Kyoshindo doit être porté sur le côté gauche du kimono, à hauteur de la poitrine. Aucun autre écusson ou effigie n’est accepté.

  10. La possibilité d’infliger une punition (redressements assis, pompes…) à un karatéka ne respectant pas l’éthique ne doit pas être utilisée de façon outrancière et humiliante. Et elle ne doit pas être considérée, ni par le « Sensei » ni par le karatéka, comme une relation de dominant à dominé, mais plutôt, de la part du karatéka qui l’accepte de bon gré, comme la confirmation de son respect envers l’instructeur et de son sentiment d’appartenance au Dojo.
(Texte: Gilles TANGUAY, 4e dan Kyoshindo)
© Karaté Kyoshindo (2003)